Les jardins familiaux, ou l’annonce d’un printemps tant désiré
Les jardins familiaux, jadis « ouvriers », font partie du paysage, en lisière même de la forêt, entre arbres et béton. Ils sont aussi l’un des symboles vivants de la communauté de communes.
Jean-Michel Breittmayer
La République
Publié le 24 février 2003
Temps de frimas. Hiver exceptionnellement froid, mais qui, justement, éveille d’autant plus en nous le désir de retrouver le printemps, la verdure, tout ce qui fait de Fontainebleau une vie de nature en émoi, de bourgeonnement. A cet égard, les jardins familiaux jouent un rôle très particulier, suivant leur vocation de protection de la nature, à leur manière, et de culture, collective et individuelle, d’un lopin de terre aux abords même de la forêt. Encore quelques semaines d’attente et les membres de l’association, si bien dirigée par le président Cuvelier, reprendront les semailles, bêcheront, arroseront. La récente assemblée générale a été l’occasion de faire le point, d’examiner dans quelle mesure, justement, ces jardins, jadis appelés « ouvriers » pouvaient non seulement subsister mais approfondir encore, en la justifiant, une mission si exaltante. Mission qui vit d’initiatives privées, certes, mais aussi de cette manne distribuée par les municipalités de Fontainebleau et d’Avon comme par le Conseil général, sous la forme aimable de constructions d’abris, dont bénéficie l’enclos bellifontain. En espérant que l’enclos d’Avon puisse être bientôt doté à son tour d’abris du même genre.
Faire vivre, fructifier, mais aussi rayonner en prenant part à des manifestations populaires, folkloriques : c’est le cas pour la célèbre Saint-Fiacre d’Avon. M. Pamard sut d’ailleurs évoquer le succès remporté l’an dernier par cette fête, remerciant notamment M. Quintard pour la réalisation de telles agapes, et souhaitant que la prochaine édition connaisse avec bonheur le même engouement.
Finances saines
Le bilan financier de l’association en témoigne : les finances sont largement saines. André Solomiac est un trésorier « heu-reux », d’autant qu’il peut énumérer les différentes subventions évoquées plus haut. Le secrétaire, Michel Bouland, se réjouit de voir de nouveaux jardiniers rejoindre les rangs, dans l’intuition qu’une telle aventure en commun reste peu ordinaire et qu’elle correspond parfaitement à ce que notre communauté de communes entend « cultiver », un esprit de corps ! Il explique : « Il est essentiel que les différents équipements de jardin soient entretenus dans un bon état de conservation, hiver comme été. »
Alors, comment fonctionne cette mise en commun d’un amour à partager pour la terre ? Réponse du président Cuvelier : « Toute demande pour l’attribution d’une parcelle à cultiver, soit à Fontainebleau, soit à Avon, doit être adressée à Michel Bouland, 13, rue Lagorsse, 77300 Fontainebleau. Pour cela, il suffit de faire une demande manuscrite d’attribution de jardin, d’y joindre une photocopie de livret de famille ainsi qu’une enveloppe timbrée. »
Témoignage
La municipalité attache beaucoup d’importance à la vitalité des jardins familiaux. Francis de Frescheville, qui veille jalousement à la qualité de la vie, a chaleureusement félicité le président Cuvelier, mettant l’accent sur le témoignage que les membres de l’association apportent en prenant une part active à la pédagogie des jeunes. Il faut le savoir, en effet, les jardins familiaux sèment la bonne parole auprès de divers établissements d’enseignement.
Rappelons-le : la culture de ces jardins ne tient pas avant tout à telle couche sociale, mais à l’esprit d’entreprise et d’indépendance de ceux qui aiment vraiment leur lopin de terre et entendent le cultiver.
Des subventions ont été obtenues par l’association, émanant de la Caisse d’allocations familiales, pour 29.700 E, et de l’Agence des espaces verts d’Ile-de-France pour 31.485 E. La Ville a sollicité ces deux co-financeurs afin que leur participation lui soit directement reversée.
Cette récente réhabilitation dit bien tout l’intérêt porté aux jardins familiaux. Lesquels exercent une large influence puisqu’on en trouve aussi bien Plaine de la Chambre qu’à La Butte-Montceau. Cette entreprise sur deux hectares, à la fois individualiste et collectiviste, est un modèle associatif.
J.M.T.B.
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