Nouveau couloir aérien : le ciel va-t-il nous tomber sur la tête ?
Les habitants de Brie-Comte-Robert s’inquiète sérieusement des avions qui circulent trop souvent à basse altitude. De plus, la ville est directement concernée par le projet de futur couloir aérien, qui survolera plusieurs communes seine-et-marnaises.
La République
Publié le: 20 août 2000
De plus en plus d’avions qui passent dans le ciel, des altitudes trop basses et des nuisances sonores toujours plus fortes. Les plaintes des riverains seine-et-Marnais ne cessent de se multiplier. Une pétition avec 130 signatures vient d’être déposée en mairie de Brie-Comte-Robert, et a été envoyée, au Président de Contrôle des Nuisances Sonores Aéroportuaires. Déjà, en mai dernier, la direction des Aéroports de Paris avait organisé une réunion pour rassurer la population. Mais loin de calmer les esprits, les protestations n’ont fait que croître. «On nous explique que tout est normal mais les gens commencent à s’énerver sérieusement, reconnaît M. Gallimard, adjoint au maire chargé de l’environnement et de l’urbanisme. Les habitants du quartier est de Brie en ont assez de voir des gros porteurs défiler au-dessus de leurs têtes. A certains moments, les jours de beau temps, et par vent d’est, les avions se suivent toutes les deux minutes, les uns derrière les autres. Ces fréquences de trafic intense peuvent parfois durer une vingtaine de minutes.»
Le problème n’est pas nouveau. Et M. Gallimard, qui habite la commune depuis 27 ans, a remarqué que le phénomène ne cesse de s’amplifier depuis les six dernières années. Il y a trois ans, le maire avait adressé un courrier à la Direction Générale de l’Aviation Civile, relatant les inquiétudes de ses administrés. La réponse en dit long sur la capacité des instances aériennes à «se refiler le bébé» : «Vu la distance, l’hypothèse du survol à basse altitude de votre commune semble pourvoir être écartée. Cependant, pour en avoir confirmation, je vous suggère les Aéroports de Paris», signait l’ingénieur-en-chef de la DGAC, M. Reviron. Ce qui laisse M. Gallimard plutôt sceptique : «On voudrait nous faire croire que tous les avions volent à 2000 mètres d’altitude, alors que je peux parfois distinguer les hublots !»
Un projet à l’étude ?
A Lésigny, également, le personnel de la maire avoue recevoir aussi beaucoup de plaintes concernant les arrivées sur Orly. Or, ces villes sont au centre d’une zone d’études, correspondant à un projet de nouveau couloir aérien, au sud de l’aéroport. Il suit un axe passant par Corbeil, la forêt de Sénart et Combs-la-Ville, et Brie Comte Robert. Passé cette ligne droite, l’avion effectue un virage sur la gauche, survole la forêt, puis la ville de Lésigny, en direction d’Orly. Des communes comme Ozoir-la-Ferrières, Fontenay-Trésigny, et Villeneuve-le-Comte sont également comprises dans cette zone.
Ce nouveau couloir permettrait de libérer l’espace aérien situé entre Paris et Orly, mais déjà saturé. Il est emprunté actuellement par 200 avions par jour, qui atterrissent à l’aéroport international. Ce secteur serait alors cédé à Roissy Charles de Gaulle, comme voie de décollage vers l’est. On comprend la nécessité d’un tel projet. La progression annuelle du trafic de Roissy augmente de 10 % par an, avec plus de 1.200 avions qui décollent et atterrissent chaque jour. Il devient urgent de dégager des axes pour éviter que les 700.000 appareils qui survolent par an la région parisienne, ne se télescopent en plein vol.
La libération de cet espace oblige forcément l’aéroport d’Orly à occuper un autre espace pour l’atterrissage de ses avions. Ce décalage de couloir est donc prévu plus au sud, ce qui signifie en même temps une extension de l’espace survolé en région parisienne. En tout cas, affirme-on à la DGCA, il ne s’agit que d’une étude dont on ne connaît par la date d’achèvement. Or, si l’on en croit les associations de défense en Essonne, ce couloir serait déjà emprunté par des gros porteurs ; les nouveaux signaux de balisage pousseraient un peu partout, au sommet des bâtiments. Dimanche dernier, les comités de défense ont distribué des milliers de tracts dans les boîtes aux lettres de Soisy-sur-Seine, d’Etiolles et de Ris-Orangis.
Néanmoins, ce projet est officiellement à l’étude. Il devrait en tout cas être porté à la connaissance du public, par l’intrmédiaire de deux commissions consultatives : l’ACNUSA, qui dépend du ministère des transports, et la Maison de l’Environnement d’Orly. Or, celle-ci est actuellement en remaniement et la sous-préfecture de Palaiseau répondait, vendredi dernier, qu’il n’y avait pas d’urgence particulière». Le ministère des transports, confirmait pourtant, le même jour, que Jean-Claude Gayssot donnerait sa réponse sur l’ouverture d’un aéroport, à la fin de l’été. Sa décision ne prendrait-t-elle pas en compte cette étude de trafic aérien ? A moins que tout ne soit déjà décidé d’avance.
Agnès Gaudichon
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