Trois pylônes au tapis
Site militaire sensible, le centre de transmission est utilisé par la Marine nationale pour communiquer avec ses bâtiments en mer. La semaine dernière, trois pylônes parmi la dizaine qui supportent l’antenne ont été détruits . Ils étaient devenus inutiles.
Arnaud Dewaste
La République
Publié le: 11 décembre 2000
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Les consignes étaient strictes. A près d’un kilomètre autour du centre de transmission de Sainte-Assise, policiers et gendarmes étaient sur les dents, et ils bloquaient tous les accès routiers menant au site. Beaucoup de promeneurs en forêt de Bréviande, entre Le Mée et Cesson, avaient même dû rebrousser chemin. Élément incontournable du paysage local, le centre de transmission de Sainte-Assise a vécu des bouleversements de taille la semaine dernière. Le mercredi 6 décembre, puis le jour suivant trois pylônes de 180 mètres de haut ont été volontairement détruits à l’aide d’explosifs. Le site est géré par la Marine nationale, mais c’est une entreprise privée spécialisée dans la dynamitage d’immeubles qui était en charge de l’opération. Les trois pylônes étaient inutilisés, et leur entretien représentait un coût trop élevé. Cette action délicate a été menée dans la plus grande discrétion : les autorités militaires tout comme la préfecture se sont montrées peu bavardes.
Elles voulaient avant tout disposer d’un maximum de conditions de sécurité, en évitant tout risque d’accident aux conséquences dramatiques.
Feu atomique
Le centre de transmission conserve néanmoins une dizaine de pylônes qui supportent l’antenne générale (en fait, un filin qui court sur les structures métalliques).
Construit au début des années 20, le centre de transmission de Sainte-Assise constituait le nec plus ultra en matière de télécommunications. Les opérateurs pouvaient envoyer un message télégraphique n’importe où dans le monde en quelques secondes. Durant la Seconde Guerre mondiale, le centre de transmission fut utilisé par la marine de guerre allemande pour communiquer en pleine mer avec ses bâtiments de combat.
Les pylônes qui subsistent aujourd’hui poursuivent leur mission : ils supportent toujours l’antenne qui commande le feu atomique à l’autre bout du monde. Site militaire sensible, le centre de transmission de Sainte-Assise permet effectivement de communiquer avec les sous-marins nucléaires de la Marine nationale, même lorsqu’ils évoluent en profondeur.
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