Le monde à l’envers de Baselitz
Michel Prigent
La République
Publié le: 08 janvier 2001
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Voir le monde la tête en bas, tel est le monde de Baselitz.
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Georg Baselitz est décidément un peintre bien déconcertant. Ce grand artiste s’est fait une spécialité de voir le monde à l’envers et de traiter ses œuvres par séries. La galerie Suzanne Tarasieve, à Barbizon, expose ses œuvres récentes sur papier.
Né en 1938 en Allemagne, ce peintre, professeur aux Beaux-Arts de Berlin-Ouest, est un des artistes qui compte en Allemagne. Son succès est même mondial et pour voir ses œuvres, il faut habituellement se rendre au Kunsthaus de Zurich, au Guggenheim de New-York, et le Musée d’Art moderne de Paris lui a consacré, voici cinq ans une grande rétrospective. N’empêche, depuis qu’en 1969 il a renversé ses toiles, on reconnaît toujours « un Baselitz » parce que le sujet a la tête en bas. Le Peintre déclare que c’est pour lui une manière de se dégager de la réalité. Ainsi, les peintures, traitées de manière figurative, font-elles un pied de nez à la réalité, et à la gravitation. C’est bien sur déroutant et cela oblige à reconsidérer cette réalité du sujet et de l’œuvre. « Le fait de renverser le motif me prouva que la réalité est l’image. Ainsi j’ai pu me tourner vers la peinture en soi » dit encore Baselitz en affirmant que le retournement est le meilleur moyen de vider ce que l’on peint de son contenu.
Les gouaches et dessins sur papier exposées à Barbizon ont pour thème les portraits, les chiens et des scènes érotiques. Elles sont présentées jusqu’au 25 février.
M.P.
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