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Chantal Cottet explose

Elle ne pète pas encore les plombs. L’artiste se contente seulement de faire sauter des explosifs pour la réalisation de ses sculptures. Mais elle éclate de colère quand elle évoque le système judiciaire. Depuis une dizaine d’années, elle réclame la restitution de ses œuvres volées en Seine-et-Marne.

La République
Publié le:  12 mars 2001
L’artiste réalise ses sculptures à l’explosif.

L’ex Seine-et-Marnaise, Chantal Cottet, n’a toujours pas digéré ses problèmes avec l’administration judiciaire. «Que fait la justice française de mes 480 d’œuvres ?» L’artiste plasticienne estime qu’elle doit récupérer ses sculptures, disparues voici une dizaine d’années. Elles avaient été volées dans son atelier à Saint-Germain-Laxis, près de Melun

«Mes problèmes ont commencé au moment de mon divorce, en 1992 . Mes locaux ont été détruits. Je dois verser une pension alimentaire ainsi que des dommages et intérêts. Et ma plainte pour vol et recel n’a jamais abouti. De plus, on m’a retiré l’aide juridictionnelle».

A la manif

Sa fureur envers le système judiciaire l’a conduite, vendredi, à Paris, à la manifestation des magistrats. Devant l’hôtel Matignon, en début d’après-midi, quelque 800 manifestants réclamaient plus de moyens. Elle a ensuite suivi la marche de protestation, prise en sandwich entre deux étoiles jaunes. «Magistrats français = Talibans = Barbarisme culturel.» : tels étaient les slogans qu’elle avait écrits au feutre noir. «Certains magistrats ont rigolé et m’ont posé des questions. J’en ai profité pour distribuer les copies d’une lettre que j’ai envoyée au tribunal de Melun». Cette lettre ouverte demande la restitution, sans délai, de ses pièces d’art. «La police judiciaire les a toutes retrouvées», affirme-t-elle.

Elle expose aussi

Elle avait réalisé ces sculptures, alors qu’elle exerçait encore dans son atelier de Saint-Germain-Laxis. Cette ancienne élève des Beaux Arts s’est très vite intéressée au «blast-art». Son outil : la dynamite. Ses matériaux : le bois, le marbre, le métal, la pierre, le caoutchouc. Cette discipline lui permet, explique la plasticienne, de partir à la recherche de «la déchirure infinie».

Chantal Cottet a travaillé pendant trois ans dans une dynamiterie. Puis elle a créé ses propres installations à Saint-Germain-Laxis, près de la voie de chemin de fer. Quand les travaux du TGV ont commencé, elle a dû quitter les lieux.

Munie d’un permis préfectoral, Chantal Cottet habite aujourd'hui dans l’Essonne. Elle exerce au sein de la Société nationale des poudres et explosifs. Et quand elle n’explose pas, elle expose, tout simplement. Comme à Paris, en janvier, dans la galerie Jupiter et dans les jardins du Palais Royal.

A.G

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