L’enfant et le septième art
Les cinémas de Fontainebleau poursuivent leurs prestations originales, hors programmation commerciale normale, en multipliant les débats en présence des réalisateurs et des acteurs, mais aussi en participant à des festivals comme «L’Enfant et le 7e art».
Jean-Michel Breittmayer
La République
Publié le: 16 avril 2001
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L’arrivée des enfants devant le cinéma «Ermitage».
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Aussi bien Christiane Reynaud que sa fille Judith affectionnent ces moments privilégiés où, par le cinéma, elles peuvent procurer de la joie et susciter des rencontres sur un thème donné. Pour le 8e festival «L’Enfant et le 7e art», l’Ermitage avait donc mis les bouchées doubles afin d’obtenir la plus grande participation juvénile possible, notamment par la grâce du concours collectif «une critique du film vu». En une semaine, on a atteint le chiffre record de plus de 3.500 enfants venus dans ce temple du cinéma bellifontain (et autant d’ailleurs dans les salles de Nemours !). Nombreux groupes, en effet, de la maternelle à la cinquième, à être accueillis par Judith Reynaud, tant pour les séances matinales que pour celles de l’après-midi. Bambins qui venaient de partout, d’Avon, de Vulaines, d’Héricy, et bien entendu aussi des écoles de Fontainebleau.
Certains d’entre eux éprouvaient avec fascination, pour la première fois, les délices d’une salle obscure, passant ainsi du petit écran familial à l’espace conquérant des vastes étendues. D’autres faisaient une découverte bouleversante et insolite en ce siècle de la couleur et de l’Internet : un film en noir et blanc, ou un film muet. Charlie Chaplin dans «Le Kid», vu avec le même émerveillement, sans doute, que les enfants des temps héroïques !
La programmation prévoyait dix films au total. Et donc dix regards sur la famille. Façon astucieuse de sensibiliser les enfants aux différentes cultures : brésilienne avec «Central do Brazil» de Walter Salles, chinoise avec «Message du ciel» de Wang Junzheng, italienne avec «La mouette et le chat» de Enzo d’Alo.
Fiches pédagogiques
Mais projeter un film qui sera regardé plus ou moins passivement ne suffit pas. C’est aussi le point de départ d’un travail que maîtres et maîtresses vont pouvoir approfondir en classe. Pour cela, les groupes scolaires sont répartis avec des fiches pédagogiques réalisées par les étudiants de l’IUFM de Melun par Valérie Rivoallon et par Thierry Caumont, coordinateur de la ZEP de Nemours. En classe, tous vont pouvoir s’initier à la tâche exaltante de critique de film et dégager une analyse personnelle autour de différents axes comme les personnages, les lieux, les actions. Ces personnages sont-ils «sympas», tendres ou méchants ? A chaque film, une fiche pédagogique différente permet de mieux saisir et d’approfondir l’histoire ainsi que la manière de la filmer : les «héros», les disputes, l’exil, les problèmes de l’intégration, le monde de la rue, le suspense, les traditions, les rapports familiaux, la mort, l’espoir, l’amour, la complicité : autant de thèmes qu’ils ont pu rencontrer à travers les dix films du Festival.
Question sans complaisance : ces enfants ont-ils aimé tous les films ? En fait, ils ont surtout fait connaissance avec un cinéma différent qui leur aura permis de découvrir ou de développer leur esprit critique. Ils ont d’ailleurs encore jusqu’au 30 avril pour participer au concours du festival 2001. Concours collectif ouvert aux écoles maternelles, élémentaires, collèges, centres de loisirs, à toutes les structures d’accueil d’enfants, sur le thème «une critique du film vu».
Aux quatre coins
Cette année, ils auront été 25.000 enfants à être ainsi allés au cinéma durant toute la durée du festival. Grâce à l’initiative de Mme Odile de Barrin, ce festival itinérant à la rencontre des enfants dans 14 villes de Seine-et-Marne, s’est développé. En s’étendant d’ailleurs jusqu’à Corbeil-Essonnes. Pour la première fois, des séances ont été proposées aux familles accompagnant leur progéniture aux différentes projections. Des enfants émerveillés qui sont partis les bras chargés de journaux en cadeau («Les petites sorcières», «Tribule», etc.). Avec, en prime, un goûter offert par «Le Chaplin» et la possibilité de choisir un livre prêté par la bibliothèque municipale de Fontainebleau.
J.M.T.B.
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