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Le Bataillon de Joinville fit les beaux jours de l’EIS

Après cent cinquante années de bons et loyaux services, l’École de Joinville, puis son Bataillon, symboles de la pédagogie du sport français, ont disparu. Mais reste donc l’EIS.


Jean-Michel Breittmayer

La République
Publié le:  14 octobre 2002

Le colonel Diaz, commissaire aux sports militaires, a dit récemment dans la revue interne de son organisme, à quel point le maintien de l’EIS permettra de pérenniser un dispositif de formation des spécialistes d’éducation physique militaire et sportive des armées et de la gendarmerie nationale, dispositif qui donne toute satisfaction. Notre récent article sur l’annonce officielle du maintien, au Camp Guynemer, des structures existantes, auxquelles d’autres éléments devraient s’ajouter, a visiblement soulagé d’un grand poids tous ceux qui s’interrogeaient encore sur le devenir de ces installations. Il faut savoir, par exemple, que les formations spécifiques dont parle le colonel Diaz, et qui sont dispensées à l’EIS, sont étroitement imbriquées avec celles du ministère des Sports : « Elles permettent de délivrer des diplômes civils et d’obtenir des équivalences dans les filières des métiers du sport. »

Par ailleurs, le maintien permettra aux stages d’entraînement et aux sélections des équipes de France militaires, organisées par le Commissariat aux sports militaires, de se poursuivre dans de bonnes conditions sur le site. D’où la promesse de poursuivre les compétitions sportives nationales et internationales qui font de Fontainebleau une capitale sportive.

Sur un même site

On comprend bien tout l’intérêt à maintenir sur un même site les différentes composantes du sport militaire. Regrouper la formation, l’entraînement, la recherche, la compétition et la réglementation : autant d’atouts pour une meilleure efficacité ! Mais on sait aussi que la spécificité du site, la fin de la conscription, ont orienté le camp Guynemer vers une utilisation également civile. Outre le club sportif qui reçoit 2000 sportifs civils, la proposition de plusieurs fédérations de mettre en place de nouveaux pôles d’entraînement de haut niveau est intéressante. Selon le colonel Diaz, « cette volonté clairement affichée répond à une nécessité de développement du sport français, aujourd’hui confirmée par la saturation des installations de l’Insep. ». Une utilisation partagée de l’ensemble des infrastructures du camp Guynemer permettrait de répartir entre les différents utilisateurs et partenaires les charges de fonctionnement, d’entretien et d’investissement.

Ce nouveau départ de l’EIS coïncide, à quelques mois près, avec la célébration du 150e anniversaire de la création du Bataillon de Joinville, dont la dissolution récente a été justifiée par la fin de la conscription.

Le B.J. au passé prestigieux

Dans la même revue du Commissariat aux sports militaires, le médecin-chef Huet retrace l’historique du célèbre Bataillon de Joinville, lequel a succédé à l’école de Joinville, fondée en mai 1852 par Amoros. Le bataillon, cohéritier de cette école avec l’Institut national du sport et de l’entraînement physique (Insep), aura d’abord joué un rôle de mise en condition physique du soldat, avec deux piliers pédagogiques : l’escrime et la gymnastique. Au début du dernier siècle, la dimension militaire va s’étendre à l’instruction publique, laquelle ne parvient pas alors à former ses propres enseignants en éducation physique. Après l’essor dû aux Jeux Interalliés, précurseurs des compétitions actuelles du conseil international du sport militaire, et organisés en 1919, l’École de Joinville va découvrir l’intérêt et la diversité des sports de haute compétition, puis recevoir la mission de préparer les sélectionnés français pour les JO d’Anvers.

Après maintes mutations et évolutions, un établissement verra, en 1955, la réunion de l’Institut national du sport et de l’École normale supérieure d’éducation physique. L’Insep naîtra en 1975 dans le bois de Vincennes de cette fusion.

C’est alors que le groupement sportif interarmées de Joinville (Bataillon de Joinvile) quittait, par décision ministérielle du 22 mai 1967, la redoute de Gravelle pour venir former, avec l’École d’entraînement physique militaire d’Antibes et le Centre d’éducation physique de la marine de Toulon, la nouvelle « École interarmées des sports » de Fontainebleau, à laquelle seront également rattachées les sections sportives militaires spécialisées de tir (Montauban), de parachutisme (Pau), et de pentathlon moderne (Bordeaux).

Il aura fallu la fin du service militaire national pour que le BJ, où sont passés les plus grands champions français de toutes disciplines, voit le terme de sa longue carrière. Mais la restructuration qui s’annonce prendra utilement le relais dans un harmonieux accord entre militaires et civils !

J.M.T.B.

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