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Le déclin des moineaux

Les effectifs de moineaux ont chuté de 50% pendant les dix dernières années. Le groupe écologiste de Nemours (GENE) a étudié ce phénomène avec la et lance un cri d'alarme.

La République
Publié le:  30 juin 2003

Les moineaux font partie de l'environnement naturel proche de la plupart des générations qui liront ces lignes aujourd'hui. Compagnons de toutes les sorties, à la ville comme à la campagne, on les remarquait distraitement tant leur présence était banalisée pas le nombre. A peine levait-on les yeux au printemps où, à la saison des amours, on souriait à la vue de quelques poursuites et chamailleries criardes...

Les premiers liens entre les moineaux domestiques et les êtres humains se nouèrent il y a 10.000 ans, lorsque ces derniers passèrent du statut de chasseur-cueilleur à celui d'agriculteur sédentaire.

A cette époque, on cultivait surtout du blé et de l'orge sauvages. Les greniers à grains fournissaient une source de nourriture toute l'année, offrant sur place de confortables sites de nidification. Au fil des millénaires, le moineau accompagna l'homme à l'intérieur des villes, s'adaptant à toutes les architectures : sous-toitures, bâtiments peu utilisés ou abandonnés, taillis, lierres... autant de lieux favorables à l'édification de leurs nids.

Population en chute libre

A ce jour, et au regard des dix dernières années, les effectifs des deux principales espèces de moineaux (20 millions d'individus pour le "moineau domestique" des villes contre 1 million pour le "moineau friquet", celui des champs, estimation datant de 1990) ont chuté de plus de 50%. Cette tendance n'est pas récente, certes, mais aujourd'hui il est évident que leur situation est critique. En Grande-Bretagne, où les études sont plus avancées que sur le continent, des baisses atteignant jusqu'à 80% ont même été constatées à certains endroits.

Alors que le moineau a toujours su s'adapter aux modes de vie des hommes, un déclin aussi brutal a de quoi surprendre. De fait, la situation mobilise l'attention des ornithologues bien décidés à tenter de mieux en cerner les causes.

Des causes multiples

Trois facteurs ont été retenus. L'habitat : les lieux de nidification se raréfient de plus en plus, en ville où les bâtiments modernes aux structures lisses et planes n'offrent que peu de recoins pour bâtir les nids et en campagne où la tragédie de la disparition des haies n'est plus à souligner.

La nourriture : les deux espèces ont une alimentation similaire (insectes et vers pour les plus jeunes, graines pour les adultes). Sans beaucoup " se mouiller ", on peut suggérer que c'est de ce côté qu'il faut surtout se pencher. En ville, les jardins des particuliers sont devenus très toxiques. Herbicides et insecticides sont répandus en quantité abusive, les graines et les insectes devenant sans doute nocifs. A la campagne, les zones de monoculture réduisent la diversité biologique.

En outre, les graines dites "enrobées" (gorgées de pesticides chimiques), utilisées massivement, semblent aussi être toxiques. De plus, le blé germe plus vite, il y a moins de graines perdues, la terre reste souvent retournée une grande partie de l'année, il est donc plus difficile d'y dénicher quelque chose à manger. Les hivers sont devenus extrêmement difficiles pour les moineaux.

Pour finir ce point, évoquons aussi l'essence sans plomb (apparue en 1989), qui contient une concentration accrue d'éther et de benzène. Ces substances empoisonnent probablement insectes et vers dont les jeunes moineaux sont friands. En résumé, moins de nourriture, et plus toxique...

L'imbécillité, hélas !

La chasse : aussi bizarre que cela puisse paraître, on fait des "cartons" jusque dans son jardin " pour le plaisir ", et cela fait des ravages en France, en Espagne, en Italie... On croit cauchemarder !

La L.P.O (Ligue de Protection des Oiseaux) a entrepris sur Paris un recensement pour savoir à quel degré la population est atteinte. En attendant que ces enquêtes soient élargies au moins à l'Ile-de-France, nous conseillons de téléphoner (05.46.82.12.34) ou d'écrire (L.P.O, Corderie Royale, BP 263, 17305 Rochefort cedex) pour demander l'envoi (gratuit) d'un petit dépliant qui a l'ambition de vous guider afin de créer chez vous un " refuge L.P.O " (pas uniquement pour les moineaux d'ailleurs) quelle que soit votre zone d'habitation. Même le plus petit jardin peut se révéler extraordinaire avec un peu de patience et d'enthousiasme.

Particuliers, propriétaires, locataires, écoles, municipalités, associations, entreprises, institutions, retroussons nos manches, l'avenir de nos petits compagnons ailés dépend aussi de nous...

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