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L’hôpital qui va changer la ville

Le nouveau centre hospitalier qui verra le jour aux alentours de 2010 va considérablement changer la physionomie de la ville. A l’intérieur comme à l’extérieur.

La République
Publié le:  28 juillet 2003

Doucement mais sûrement la ville de Melun connaît un phénomène de mouvement centrifuge. Une force inconnue attire les gros équipements à la périphérie redessinant le paysage urbain. Il y a des années les HLM ont structuré les quartiers nord et la zone industrielle de Vaux-le-Pénil a défini la place des entreprises. Puis est venue l’urbanisation commerciale du champs de foire attirant un peu plus le commerce vers l’extérieur. Le centre-ville en profitait pour se «piétonniser». Et aujourd’hui, enfin à l’horizon 2010, c’est l’hôpital installé au cœur de la ville qui va à son tour franchir allégrement la frontière symbolique de la rocade pour aller s’installer le long de ces nouveaux boulevards urbains qui ceinturent les vieilles cités.

Urbanisation calculée

Si la décision de construire l’hôpital à cet endroit est tout à fait récente et dépendait de facteurs extérieurs comme la décision de l’Agence Régionale d’Hospitalisation, celle d’utiliser un jour ce petit bois au nord de la ville situé entre l’accès à l’autoroute et la voie qui dessert Sénart, n’est pas nouvelle. Elle a toujours été présente à l’esprit des aménageurs de la ville. Preuve en est que chacun des ronds-points dans sa conception prévoit l’utilisation de cet espace. Comme il a été prévu de prolonger la voie circulaire au-delà de la pénétrante. Mais c’est là une autre histoire.

Ce quadrilatère est composé de deux petits champs, de deux établissements commerciaux, d’un terrain pour nomades et principalement d’un bois laissé à l’abandon. Sans véritable chemin d’accès, il n’offre pas beaucoup de possibilités de promenade et les rares chemins sont plus bordés de détritus et de carcasses de voitures que de fleurs à cueillir ou d’espaces de repos. Son aménagement ne représentera donc pas une grande perte pour la diversité végétale de la région d’autant plus que la loi obligera les aménageurs à replanter à proximité des arbres on l’espère plus intéressants et mieux structurés.

Reste le cas de l’actuel hôpital, de ses bâtiments neufs ou anciens, de ses centaines d’employés, des réseaux de transport qui le desservent, etc. La semaine passée, le maire de Melun, Gérard Millet, nous assurait qu’aucun plan d’ensemble n’était encore arrêté.

Patrimoine exceptionnel

Créé, il y a maintenant plusieurs dizaines d’années et ayant subit de nombreux liftings, l’hôpital Marc-Jacquet représente un patrimoine exceptionnel aussi bien du point de vue médical que du point de vue immobilier. Un budget de fonctionnement proche d’un million d’euros annuel, 250 médecins, 1.500 agents, un bloc opératoire de six salles, un service de traitement des urgences, siège du SAMU, service complet d’imagerie médicale. Un ensemble de services qui devront être maintenus voir développés dans le cadre du projet médical que va définir le nouveau directeur de l’hôpital M. Pallot qui doit prendre ses fonctions dans les jours à venir. Du côté des syndicats, la C.G.T. si elle qualifie ces décisions de «bonne chose», elle s’inquiète de l’entrée prévue du secteur privé dans l’hôpital. «Plusieurs choses nous inquiètent, comme le devenir de toute la logistique, cuisine, blanchisserie, etc. Et puis il faudra penser à intégrer les nouvelles populations de l’agglomération.» Du côté de F.O. on s’interroge sur le devenir du personnel et son transfert dans les nouvelles structures. Comme on peut le voir chacun est déjà prêt à défendre ses positions.

Mais surtout il y a ces 18 hectares urbains. Sur un site boisé qui domine la Seine et le cœur de ville l’hôpital fait de multiples bâtiments sera assurément démantelé. Les voies de circulation privées devraient en toute logique être reprise par la ville pour structurer l’ensemble. Mais là encore rien ne semble défini. Sur la partie haute de l’hôpital, la maternité, neuve et fonctionnelle trouvera assurément un réemploi à moindre frais. Mais pour les autres bâtiments, difficile de savoir où se trouve la solution. Les maisons de retraite médicalisées devraient rester là, à proximité du centre-ville pour maintenir le lien social. Pour le reste, on imagine mal une réhabilitation des bâtiments de chirurgie, du Samu ou de la radiologie. Les bulldozers devraient se régaler. Mais une question reste en suspend, qui gérera le développement de ce nouveau quartier, la ville la communauté d’agglomération, un promoteur privé ?

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