Sylviane Félix, retour en or à l’E.O.G.N.
L’aspirant Félix, médaillée d’or du relais, est passée à Melun retrouver l’Ecole des officiers de la gendarmerie, puis à Fontainebleau.
La République
Publié le: 08 septembre 2003
Après tant de ministres, présidents et nombre d’officiers généraux, c’est une «simple» aspirant de la gendarmerie, issue du volontariat, qui eut l’honneur vendredi matin de signer le Livre d’or de l’Ecole des officiers de la gendarmerie nationale.
Il est vrai que sa médaille d’or acquise aux championnats du monde dans le relais 4 x 100 valait bien à Sylviane Félix de figurer désormais parmi les étoiles de la gendarmerie.
Cette visite amicale était aussi l’occasion pour elle de remercier l’état major et des collègues de l’école qui lui avaient facilité la tâche. Pendant deux mois, en mai et juin, affectée à l’E.O.G.N., elle avait pu y bénéficier d’un emploi du temps laissant place à ses entraînements.
Ce vendredi fut aussi une visite technique puisqu’elle est passée dans les services de l’école qui, outre les cotes de confection de son futur uniforme, lui ont préparé sa prochaine affectation à Maisons-Alfort, au service du commandement des écoles de la gendarmerie.
Le général Chevillard, commandant l’E.O.G.N., entouré de plusieurs officiers et représentants des promotions de l’école, ainsi que le capitaine Bremand, responsable des sports, salua la performance et les qualités humaines de la jeune athlète dans un propos de félicitations.
A Fontainebleau
Ce vendredi, elle s’est aussi rendue à Fontainebleau pour quelques instants de retrouvailles avec son entraîneur personnel, le Guadeloupéen José Clodion, et son médecin qui la suit depuis des années, et qui, entre autres miracles, l’a délivrée de sa sciatique, le médecin bellifontain Pierre-Jacques Raybaud, qui suit également Patricia Girard.
L’ objet de ce rendez-vous était de préparer l’ avenir, d’harmoniser les programmes et les contraintes médicales.
Regard franc. Sourire souvent ironique. Fort caractère, où la certitude l’emporte sur le doute après des années de galère, de blessures, alors que Sylviane Félix, à 20 ans, courait plus vite que Marie-José Pérec au même âge. Les plus belles promesses, et de violentes contrariétés, mais sans jamais baisser pavillon, malgré l’impasse faite sur les JO de Sydney, clouée au sol par une mauvaise sciatique. C’est au tout dernier moment que Sylvia, lors des derniers championnats de France, a gagné sa place pour des « Mondiaux » mémorables, au stade de France, où elle contribua fortement au « hold up » du siècle de l’athlétisme français, passant le dernier relais à Christine Arron dans le 4 x 100 m féminin. Depuis, la bande des quatre n’en finit pas de célébrer son triomphe, de répondre aux interviews.
Dotée d’une maîtrise de sociologie, la nouvelle championne du monde, à 25 ans, n’a pas la grosse tête. Mais elle sait qu’avec ce quatrième chrono de tous les temps et ce nouveau record de France, elle et ses trois complices antillaises ont fait chavirer tout un pays et donné un sacré coup de pouce à l’athlétisme dans les jeunes consciences qui cherchent leur vocation.
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