Favoriser l’intégration des élèves handicapés
Le nombre d’unité pédagogique d’intégration qui accueille des élèves souffrant de handicaps est doublé pour cette rentrée dans les collèges Seine-et-marnais. Un dispositif récent qui semble porter ses fruits.
La République
Publié le: 22 septembre 2003
A l’occasion de cette rentrée 2003, le nombre d’unité pédagogique d’intégration a été doublé dans le département, passant de 5 à 10. Ce dispositif mis en place dans le second degré, est donc particulièrement renforcé depuis cette année.
Le collège Henri Wallon de Savigny-le-Temple accueille une unité pédagogique d’intégration (UPI) pour les élèves souffrant de déficiences mentales, pour la troisième année. Rencontre avec Germain Tichit, le principal et Isabelle Fermigier, directrice adjointe chargée de la SEGPA (section d’enseignement général et professionnel adapté).
La République : Dans quel contexte l’unité pédagogique d’intégration a été créée dans votre établissement ?
Germain Tichit et Isabelle Fermigier : C’était d’une part un choix géographique puisqu’il existe dans une école primaire de Savigny une classe spécialisée pour les enfants souffrant également de déficiences intellectuelles. Ce dispositif leur a permis de continuer une scolarité en milieu ordinaire. D’autre part, la mise en place de cette UPI permettait d’élargir l’offre d’accueil en proposant quelque chose de différent de l’institut spécialisé.
En quoi consiste ce dispositif dans votre établissement ?
Dix élèves de 12 à 15 ans sont accueillis au sein du collège. Ils suivent des cours avec un enseignant spécialisé et intègrent, de 2 à 4 heures par jour, différentes classes pour suivre des cours tels que la technologie, les arts plastiques, le sport, l’éducation musicale… Afin d’accueillir ces élèves dans les meilleurs conditions possibles, les effectifs de ces classes ont été minorés. Enfin,dans le cadre d’un partenariat avec deux Sessad (service de soin et de suivi à domicile), L’Eveil de Melun et l’Adapei de Savigny, les élèves reçoivent des soins thérapeutiques, en partie au collège.
Ainsi, les élèves de l’UPI évoluent dans un milieu ordinaire et côtoient très régulièrement les autres enfants. Ce type d’accueil favorise leur apprentissage même si il faut rester très vigilant et assurer un suivi régulier.
Quel bilan tirez vous de ces deux premières années ?
Les élèves ont fait des progrès, mais on ne peut pas comparer à ceux qu’ils auraient fait en institut spécialisé. Dans tous les cas, les familles sont très satisfaites de voir leur enfant suivre une scolarité dans un milieu ordinaire. Pour eux, le collège, c’est une promotion. Auparavant, ces enfants étaient exclus des établissements scolaires.
Quel est pour vous le garant de la réussite de ce dispositif ?
Le travail d’équipe assurément. Ce dispositif est basé sur un projet individuel d’intégration scolaire établi entre les différents intervenants, le jeune et la famille. Le concours de chacun est ensuite nécessaire à sa réussite. L’élève bénéficie des compétences de nombreux spécialistes : enseignant spécialisé, psychologue, éducateur, psychiatre, assistante sociale, conseillère d’orientation… En outre, de nombreux professeurs du collège participent en accueillant ces élèves dans leur cours. Pour cela, ils bénéficient de formations spécialisées. Nous coopérons également avec d’autres établissements pour réfléchir à la suite du parcours de ces jeunes. Ce travail est également possible grâce aux efforts fournis par l’inspection académique et le Conseil général.
Ce travail en synergie est sans doute la clé de la réussite et de l’intégration de ces élèves.
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