Messages princiers pour la ville royale et impériale
Fontainebleau vient de vivre cinq jours festifs sous le double signe du cheval et du patrimoine. Avec un message du prince Rainier de Monaco apporté debout sur deux chevaux !
Jean-Michel Breittmayer
La République
Publié le: 22 septembre 2003
La princesse Caroline de Monaco (pardon, désormais « de Hanovre » !) est une habituée des prestigieux rendez vous équestres de Fontainebleau.
On la voit souvent sur l’hippodrome de la Solle ou au Grand Parquet, aux côtés de Marcel Rozier ou d’autres champions, inaugurer et parrainer tel événement hippique ou de mode. Mais, cette fois, elle avait délégué ses enfants, la princesse Charlotte et le prince Pierre, pour attendre dignement, tout en haut de l’escalier en fer à cheval de la Cour des Adieux, l’arrivée d’un des exploits sportifs les plus remarquables.
En effet, mercredi dernier, en hors d’œuvre de « Cheval et Patrimoine », le cavalier émérite Claude Auger, juché sur deux chevaux attelés en « Poste Hongroise », fit son entrée triomphale au beau milieu d’une foule de curieux et de touristes, et entouré d’une haie d’honneur de cavaliers costumés, de crinolines, et de témoins des époques historiques qui firent les beaux jours de « la « Maison des Siècles » !
Il était porteur d’un message du prince Rainier de Monaco, dont on ne saura pas le contenu. Geste symbolique censé célébrer le génie des estafettes d’antan, qui devaient parfois parcourir des distances insensées pour apporter leur message.
Record du monde battu ou égalé, on ne sait plus, par Claude Auger, un habitué de ce genre d’exploit, et qui, sur un millier de kilomètre, a utilisé la « Poste Hongroie » le plus souvent possible, quand la fréquentation automobile, cette ennemie des temps modernes pour les cavaliers, le permettait. Bien plus de la moitié du parcours total, en tout cas, et une moyenne de cent kilomètres par jour à sentir ainsi les muscles des cuisses et des mollets demander grâce !
Paparazzi aux abois
Dès qu’une princesse parait, les paparazzi sont là, toujours aux abois : cela n’a pas manqué, aux pieds de Charlotte et de Pierre, mais aussi de Marcel Rozier, le champion olympique de sauts d’obstacles, du sous-préfet, du maire, du conseiller général.
Du beau monde. Et une bousculade mémorable. Après quoi le spectacle se transporta, en calèche pour leurs altesses, en bagnole pour le commun des mortels, au parc équestre du Grand Parquet, lequel fut le théâtre, jusqu’à la fin du week-end, de nombreuses et riches attractions, avec, en plat de résistance, le spectacle équestre de Claude Auger « Voyage dans la nuit des temps », le must en voltige, cascades et dressage, ainsi que de nombreux défilés en ville de tous les clubs hippiques de la région, des cavaliers du Centre Sportif d’Équitation militaire.
Démonstrations, balades en poneys, initiations en tous genres, Messe de Saint-Hubert le dimanche, et, au bout de cette somptueuse fête, les « Nocturnes », un son et lumière magistral avec en toile de fond le quartier Henri IV du château.
Le Patrimoine spirituel
La spiritualité étant le grand thème de ces journées du patrimoine, Fontainebleau sut mêler le galop noble des chevaux au recueillement devant ce que la cité de François Ier abrite de plus précieux.
Conférences, concerts, visites guidées, au château, dans les églises, au temple protestant, partout ce fut la fête. Mais ce thème de la spiritualité ne pouvait être mieux traité et approfondi ailleurs qu’au centre des Archives contemporaines où une passionnante exposition attendait les visiteurs pour retracer un siècle de rapports tumultueux entre les différents cultes et les États, depuis la loi de 1905.
Et avec des éclairages permettant de comprendre ce qui s’est joué depuis la révolution jusqu’à nos jours.
Cet art des organisateurs pour mêler harmonieusement cheval et patrimoine a été compris de la population et a su attirer des milliers de visiteurs dans une cité toujours aussi vivante.
J.M.T.BREITTMAYER
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